Portrait d’entrepreneurs confinés : Charline Drappier

Charline Drappier, à peine 30 ans est le modèle d’une business woman accomplie. Jeune maman, elle est aujourd’hui Directrice Générale Adjointe au sein du domaine familial de champagne ; une casquette qu’elle porte depuis 4 ans. Brillante, sociable mais surtout passionnée, elle représente dignement les valeurs et l’héritage de la maison de Champagne Drappier.

Un héritage qui est avant tout familial puisque Charline et ses deux frères Antoine et Hugo sont la huitième génération de la maison Drappier. Ensemble, ils travaillent auprès de leurs parents et grand-père au sein de la maison de champagne fondée en 1808, qui exploite 110 hectares et vend chaque année 1,5 million de bouteilles de champagne. Une véritable passion familiale qui crée la singularité et l’identité de cette belle maison de champagne auboise.

En cette période de confinement, Snobismes a voulu savoir dans quelles conditions les entrepreneuses poursuivent leurs activités. Charline Drappier a accepté de revenir sur cette période inédite et partager avec nous ses recettes secrètes pour se divertir et bien vivre ce confinement.

Comment te sens tu et comment vis-tu le confinement ? 

Je me sens bien et je le vis plutôt bien. J’ai beaucoup de chance parce que je vis ce confinement à la campagne et j’arrive à trouver mon équilibre entre ma famille et mon travail. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer et de ressasser la situation. Lorsque je passe du temps en famille, je pense à autre chose que la crise. C’est assez sain d’avoir cet équilibre et c’est ce qui me permet de bien vivre les choses.

Quels impacts sur ton activité ?

L’activité a été réduite à 95%, c’est un constat assez dramatique (même si nos résultats sur le premier trimestre 2020 sont bons). Il faut donc redoubler d’efforts et rester actifs auprès de nos partenaires, le personnel, les réseaux pour continuer à entretenir le lien et prévoir « l’après ».

Nous travaillons beaucoup avec l’étranger, l’export représente 75% de nos ventes.

Aujourd’hui, nous avons encore quelques commandes mais l’activité est très ralentie. Personnellement, ça impacte mon travail du quotidien, habituellement, je suis en déplacement (notamment à l’étranger) 35% de mon temps.

On sait que le secteur du champagne sera un des derniers qui sortira de la crise. Nous sommes associés au secteur de l’événementiel, nous vendons nos cuvées pour des cérémonies, mariages, loisir ou restauration… on ne va pas avoir de changement radical dans les mois à venir, et nous avons conscience de cela.

Penses-tu que cet épisode inédit va changer les habitudes des Français ? (Etat d’esprit, manière de consommer, etc.) 

Je ne pense pas que cela va changer le mode de vie des Français. Après le confinement, les gens auront envie de sortir, de voyager. Je pense que les gens vont continuer leurs habitudes, mais ils voudront probablement consommer « mieux ». Ça va peut-être changer les produits qu’ils choisissent et la façon dont ils vont les choisir. Ils seront par exemple plus attentifs au développement durable. Nos cuvées bio etc. sont peut-être celles qui vont mieux se vendre. Pour l’économie, il faudrait que ça reprenne. C’est toute la difficulté de certaines prises de décisions, nous devons trouver l’équilibre entre les enjeux durables et les enjeux économiques. On va peut-être produire moins de champagne mais on va le faire mieux. Pour cela, les contraintes environnementales seront renforcées.

 Comment est-ce que tu t’adaptes à ces changements ?

D’un point de vue business, il faut adopter une attitude de veille constante, ça ne sert à rien de forcer la communication, les gens n’ont pas la tête à ça. J’ai transformé ma newsletter papier en format digital. On décide de garder le contact avec nos clients, les équipes de vente, les clients finaux, pour qu’ils pensent à nous et apprennent des choses sur la maison Drappier qu’ils n’ont pas le temps d’apprendre en temps normal.

Je me replonge dans les archives, je fais des choses en termes de communication plus fournies et plus poussées car j’ai plus de temps. 

Pour le personnel, nous avons une activité agricole, la vigne continue à être taillée et liée. L’agricole fonctionne, la cuverie aussi, les équipes tournent mais c’est plus compliqué pour l’activité commerciale. Nous avons mis une rotation en place pour assurer une permanence, pour les retours de mails etc. Pour gérer la situation et le personnel, nous avons fait du cas par cas.

Est-ce que tu as des projets pour la fin du confinement ou pour la rentrée de septembre ?

On n’a pas encore décidé d’un plan, c’est encore du cas par cas. Nous sommes un peu condamnés à l’immobilisme tant que nous ne savons pas comment la situation va évoluer. Nous ne savons pas comment sera la vendange et ses rendements. Malheureusement, on ne sait pas qui résistera à la crise et comment la situation va évoluer. Mais nous avons décidé de ne pas arroser la planète avec des promotions car ça peut être dangereux et impacter l’image du champagne.

 Quels sont tes conseils pour « bien vivre » le confinement ?

Je pense qu’il faut garder un équilibre dans ses activités, surtout pour ceux qui ont des enfants. Ceux qui le peuvent c’est sain de garder un lien avec son travail et prendre du temps pour soi.  La clé de mon confinement c’est d’avoir cet équilibre entre ma famille, mon conjoint et mon travail, je vis déjà comme ça d’habitude mais là c’est exacerbé.

 

Charline nous livre quelques conseils pour se divertir pendant le confinement 

Peux-tu nous conseiller? 

Une musique/ un son / un album… : Cocoon

Un livre, un podcast, un blog… : Grand bien vous fasse de France inter

Un film/Une série : la série unorthodox sur Netflix

Une activité (sport, jeux, etc.) : cuisiner avec les enfants

Un plat : quiche poireaux chaource

 

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Après le confinement, allez visiter le domaine Drappier à Urville : rue des vignes, 10200 Urville

Retrouvez plus d’informations sur la maison et leurs cuvées sur leur site : http://www.champagne-drappier.com/

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