Toubab Paris : la tentation africaine

Toubab Paris : la tentation africaine

Ultra-vitaminées, les créations de Maud Villaret s’exportent aujourd’hui dans le monde entier. Au travers de sa marque Toubab Paris, elle entend « créer des ponts entre l’Afrique et l’Occident ». Pour Snobismes, elle a accepté de revenir sur son si particulier rapport à l’Afrique, intarissable source d’inspiration. 

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« Je suis née en France, mais, durant sa grossesse ma maman vivait en Casamance », avance Maud Villaret comme pour expliquer ce lien si particulier qu’elle entretient avec l’Afrique. Depuis ses débuts, à l’école Duperré (école supérieure des arts appliqués de Paris), elle n’a eu de cesse de rejoindre ce continent cher à son cœur. « Durant mes études de design textile, j’ai cherché une excuse pour aller faire un stage de teinture à l’indigo au Mali », se souvient la créatrice qui, aujourd’hui, ne cherche plus d’excuses. Dans chacune de ses créations, l’Afrique est ouvertement revendiquée. Elle affectionne ainsi particulièrement les imprimés wax qu’elle mêle aux cordons de cuir tressés du Sénégal, ou encore aux perles en verre recyclé du Ghana. Des éléments qu’elle allie à des matériaux plus occidentaux, à l’instar des cristaux Swarovski, des verres de Murano ou du denim recyclé. Si ses créations se vendent aujourd’hui aux quatre coins du globe, Maud Villaret confesse que le lancement de sa marque a été largement « portée » par les ventes de la boutique du musée du Quai Branly : « au sortir de l’école, j’ai travaillé en freelance pour des bureaux de style. En parallèle, j’ai commencé à développer mes créations à destination de la boutique du musée du Quai Branly en 2007. Pour répondre à cette commande, il m’a fallu créer une marque et me structurer ». Lui vient alors le nom de « Toubab », expression dérivée du terme « toubib » (référence aux premiers médecins blancs qui ont débarqué au Sénégal), aujourd’hui employée en Afrique de l’Ouest pour désigner toute personne à la peau blanche, quelle que soit sa nationalité. Une signature telle un clin d’œil à son surnom de « Toubab » : africaine de cœur, mais étrangère de peau. De boutiques de musées en pop-up store, les ventes se développent très rapidement. Plus « artiste que commerciale », elle décide néanmoins de réduire son réseau de points de vente, afin de se consacrer aux collaborations exclusives avec d’autres créateurs ainsi qu’à la confection de pièces uniques. Exclusivement réalisées à la main, chacune de ces pièces nécessite entre 30 et 100 heures de travail. Un parti-pris affirmé pour la confection artisanale qui s’accompagne d’un engagement envers l’ONG AMREF qui lutte contre la mortalité infantile en Afrique. Elle se place également aux cotés de femmes passionnées, à l’instar d’Anne Grosfilley, auteur du livre Wax & Co, ou encore de la dessinatrice Stéphanie Ledoux, dans le cadre d’expositions dédiées aux femmes du monde. Un foisonnement créatif qui n’omet jamais son centre de gravité, ponctué de voyages en Afrique. La créatrice devrait d’ailleurs s’envoler à nouveau pour Dakar dès le printemps.

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Christian Dior, couturier du rêve

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Deux Snobismes d’automne

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