Hélène Morbu, étoile montante de la céramique
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Imprégnée par l’imaginaire Art Déco depuis son enfance à Saint Quentin, dans l’Aisne, Hélène Morbu est une étoile montante de la céramique. La jeune femme cumule les honneurs du monde de l’artisanat d’art : après être devenue la lauréate du Concours Jeunes Créateurs 2016 des Ateliers d’Art de France, c’est le salon Céramique 14 qui lui a remis le prix du public. Son truc ? Le « tour ». Mais aussi l’émail, la terre teintée dans la masse et autres techniques dont la maîtrise lui permet de créer vases, tasses et luminaires aux formes géométriques et épurées. Rencontre avec une artiste à la recherche de perfection.

L'atelier d'Hélène Morbu, à Nantes

L'atelier d'Hélène Morbu, à Nantes

C’est dans son atelier, à Nantes, que Snobisme(s) a fait la connaissance d’Hélène Morbu. Céramiste aux méthodes à la fois scientifiques et artisanales, la jeune femme ne cache pas son appréhension pour le monde du travail en équipe.

C’est d’ailleurs peut-être en partie pour cette raison que depuis sa sortie de l’école, en 2008, elle a préféré travailler seule, en s’installant dans son atelier, qu’elle partage tout de même de bon cœur avec une ancienne camarade graphiste des Beaux-Arts de Reims.

 

Au cœur d’un savoir-faire transmissible

atelier ceramique  helene morbu

Ce qu’elle aime ? Travailler la matière, dans son atelier, et partager son savoir-faire avec ses élèves amateurs à qui elle enseigne cet art ancestral durant la moitié de la semaine. Une passion qui la suit depuis le lycée, nous raconte-t-elle. « Quand j’étais au lycée, j’ai commencé à faire du modelage et aux Beaux-Arts, je me suis rendue compte que la partie « atelier » me manquait. Je voulais acquérir un savoir-faire. J’ai donc choisi de passer un BTS Art de la Céramique à Olivier de Serres »

Depuis, la céramique rythme ses journées puisqu’ici, tout est réalisé à la main, des pièces uniques aux petites séries.Et de la création de peignes jusqu’aux moules, c’est elle qui façonne ses procédés pour créer des objets de design appréciés du monde de l’art.

 

Des vases uniques qui mêlent technicité et design

Lorsque l’on pénètre dans les lieux, on n’a d’yeux que pour les vases aux motifs texturés, délicatement posés sur des étagères blanches. Leurs reliefs comme leurs formes simples apparaissent comme une évidence.  Pourtant, ils sont le fruit « d’un travail de recherche qui s’appuie vraiment sur la technique. Les formes ne sont pas dessinées au départ, c’est la technique qui m’influence et qui me guide par les contraintes qu’elle impose». Des plaques de terre sont ainsi « imprimées » de motifs géométriques avant d’être jointes par la tranche. Un travail minutieux, parfaitement orchestré, qui surprend la céramiste elle-même : « je ne pensais pas que l’on pouvait être régulier à la plaque mais c’est possible », nous explique-t-elle.

Démonstration faite, nous restons impressionnés par la précision millimétrée de la jeune femme lorsqu’elle appuie le peigne et le décale en multipliant l’opération. Mais l’effet de tressage « provient également de l’association des couleurs et des matériaux : j’émaille seulement les creux et c’est ce qui permet de créer un effet de contraste et de relief avec la terre brute».  

 

Les petites séries :  plongée au coeur de la géométrie

Les tasses Panama teintées dans la masse

Les tasses Panama teintées dans la masse

De l’autre côté de l’atelier, dans la vitrine, lévitent trois suspensions noires et blanches. En-dessous, exposées à l’horizontal, s’affichent les épures tasses Panama. Hélène nous explique alors que « contrairement aux vases, c’est un travail de designer pur car je réalise ces pièces aux exactes proportions du dessin ». Une rigueur permise encore une fois grâce au procédé de fabrication : « j’aime bien le travail de la couleur avec la terre teintée dans la masse : cela permet d’avoir la ligne à l’intérieur, résultat que je ne pourrais obtenir avec de l’émail qui est pulvérisé. L’anse reprend de plus l’épaisseur exacte de la ligne ».

 

Des suspensions aux allures de soucoupes volantes 

Les suspensions UFO dans la vitrine de l'atelier

Les suspensions UFO dans la vitrine de l'atelier

Dernières nées de la collection, les suspensions UFO sont quant à elle inspirées des formes de soucoupes volantes que l'on retrouve dans l'imagerie de la science-fiction : « lorsqu'elles sont allumées, les dégradés de lumière rappellent un faisceau lumineux projeté par ces OVNI noirs ». D’ailleurs, les décors de ce genre cinématographique sont bien souvent imprégnés du style Art Déco, dont « l’élégance extrême fait qu’il ne se démode pas ». CQFD…

Mais qu’en est-il alors du processus de création de ces lampes ? « Je me suis intéressée à la transparence et au procédé de coulage. J’ai mis au point un nouveau moule qui me permet de créer trois épaisseurs de porcelaine différentes sur l’abat-jour. Quand on les allume, il y a un dégradé car le bas est beaucoup plus fin que le reste. J’utilise ensuite l’émail noir pour créer les bandes opaques». En résultent trois suspensions sculpturales que l’on pourra se procurer dans le concept store d’artisanat d’art Empreintes, à Paris.  

Si vous partez en Bourgogne, n’hésitez pas à faire un tour du côté du Couvent de Treigny qui présentera Géométries variables, une exposition collective de céramiques contemporaines durant laquelle vous pourrez découvrir les vases tressés Quetzal et Codex d’Hélène Morbu.

Géométries Variables, du 1er avril au 18 juillet 2017. Plus d’informations : http://www.lecouventdetreigny.com/

Hélène Morbu, céramiste : http://www.morbu.fr