« l’Art et le Vin sont les joies supérieures des hommes libres », Aristote

Concilier deux passions dans un même lieu, tel est le pari de celui que l’on surnomme Paddy. Le riche homme d’affaires irlandais Patrick Mc Killen, féru de vignobles et d’Art Contemporain, a choisi les terres de Provence pour unir ses deux passions. Résultat : un lieu unique où se mêlent millésimes et pièces de collections. Snobisme(s) a fait la visite du Château La Coste et vous y emmène. Petit voyage à l’attention de tous les esthètes épicuriens.

Louise Bourgeois, Crouching Spider 2003  ©The Easton Foundation. ADAGP Paris 2015 photograph ©Andrew Pattman

Louise Bourgeois, Crouching Spider 2003  ©The Easton Foundation. ADAGP Paris 2015 photograph ©Andrew Pattman

Le pari était risqué, mais Patrick Mc Killen s’est donné les moyens de la réussite. Après avoir acquis une exploitation viticole renommée, il y a installé son exceptionnelle collection d’œuvres d’Art. Situé à quinze kilomètres de la très élégante Aix-en-Provence, le domaine viticole s’étend sur 200 hectares. Comme dans la plupart des vignobles provençaux, une splendide bastide blanche du XVIIème siècle trône au cœur de l’exploitation.

Cependant, le Château La Coste n’a rien d’une exploitation lambda. Le site recèle de multiples trésors. A quelques mètres de la Bastide, le visiteur est accueilli par la majestueuse araignée de Louise Bourgeois, une œuvre intitulée « Crouching Spider », que l’artiste elle-même surnommait « Maman ». La sculpture trône sur un plan d’eau peu profond qui dissimule le parking souterrain. Le ton est donné. La visite du musée à ciel ouvert conçu par l’architecte japonais Tadao Ando peut alors commencer.

 

Visite Arty en Provence : quand les vignes s’entourent d’Art contemporain

Jean Nouvel, Cuverie, 2008. © Jean Nouvel ADAGO Paris 2016 photograph © Andrew Pattman

Jean Nouvel, Cuverie, 2008. © Jean Nouvel ADAGO Paris 2016 photograph © Andrew Pattman

De l’autre côté du bâtiment en béton soyeux et à l’aspect unique, le visiteur découvre une sculpture d’Hiroshi Sugimoto ainsi qu’une suspension d’Alexander Calder intitulée « Small Crinkly ». Les oenophiles se précipiteront vers les chais de vinification dessinés par l’architecte Jean Nouvel. Des hangars semi-cylindriques en tôles ondulées d’acier, avec une vaste cuverie située à 17 mètres sous terre, à l’intérieur desquels de majestueuses cuves en inox étincellent.

Une production sous la direction de Mathieu Cosse, maître de chais qui a converti le domaine à la biodynamie et a permis l’obtention du label « Agriculture Biologique », en appellation Coteaux d’Aix. La visite se poursuit dans un corps de ferme du XIXème siècle, où est installé le caveau de dégustation. L’occasion de s’initier aux différents cépages proposés en rouge, rosé ou blanc et de choisir des vins tels que la Grande Cuvée Château La Coste (Cabernet Sauvignon et Syrah), le Grand Vin Blanc (60% de Vermentino) ou Le Rosé d’une Nuit (à prédominance de Grenache).

Guggi, Calix Meus Inebrians, 2009, © Guggi 2016 photograph ©Andrew Pattman

Guggi, Calix Meus Inebrians, 2009, © Guggi 2016 photograph ©Andrew Pattman

Les muséophiles, pour leur part, prendront la direction des chemins caillouteux au milieu des vignes pour une promenade arts et architecture de deux heures. Pour ce faire, mieux vaut partir bien chaussé ! Exit donc les stilletos, il faut opter pour des chaussures plates. Les moins courageux pourront demander un transport en voiturette. Tout au long de la ballade, le parcours du visiteur est jalonné d’œuvres d’Art et d’innovations architecturales, à l’instar de la chapelle de Tadao Ando ou encore de la grande croix rouge de Jean-Michel Othoniel.

Une fois visites et dégustations terminées, oenophiles et muséophiles pourront se retrouver au pavillon de musique de Franck Gehry, avant de prolonger la découverte à La Villa La Coste qui propose hébergement et soins cocons haut de gamme.

Château la Coste

2750 route de la cride

13610 Le Puy-Sainte-Réparade

 

accessoires cultes pour visite reussie

Avant de partir, on prend le temps de revoir ses classiques en se replongeant dans les plus belles réalisations du XXIème siècle grâce au guide Phaïdon. Les plus réticents à l’Art Contemporain pourront quant à eux se délecter du savoureux ouvrage de Susie Hodge malicieusement intitulé : Why your five years old could not have done that ?

Côté tenue, exit les talons haut ne rime pas nécessairement avec chaussures de rando. L'accessoire idéal pour une visite à travers les vignes : des bottes de pluie de la Maison Bottega Veneta, un snobisme à l’état pur.

 

 

Les lieuxMarie Pagès