« Quand on décore un mur, on décore tous les autres », Henri Matisse

©http://www.villasantosospir.fr

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Cette semaine, Snobismes vous emmène dans un lieu ultra secret. Son nom : Santo Sospir. Nichée sur les hauteurs de Saint Jean Cap Ferrat, la villa est un véritable musée. On y retrouve l’univers de Jean Cocteau qui, au fil des années, s’est employé à poser sa griffe sur l’ensemble des murs de la maison. Immersion.

Pour accéder à la villa Santo Sospir, il faut être initié. Pas question de venir sans prévenir. Il vous faudra d’abord prendre rendez-vous avec le maître des lieux. Une fois la date et l’heure fixée, vous devrez emprunter une route étroite qui serpente le long de belles demeures. Au bout du chemin, une simple plaque discrète sur laquelle est inscrite la mention « Santo Sospir ». C’est ici.

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Le voyage commence dès le perron avec une plaque en mosaïque réalisée par Jean Cocteau. Invité pour la première fois en 1950, par la mécène Francine Weisweller, le poète restera six mois durant dans la maison. Il reviendra ensuite chaque année jusqu’à sa mort s’offrir une pause estivale à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Pour l’artiste qui ne supporte pas l’oisiveté, pas question de goûter aux plaisirs de la paresse. Ainsi, durant treize années - et après avoir demandé l’autorisation à la propriétaire des lieux - Jean Cocteau utilisera l’ensemble des pièces comme une toile à dimension humaine.

 

 

 

 

Résultat : un véritable dédale d’œuvres d’Arts. Le visiteur peut ainsi découvrir pièce par pièce tout l’univers de l’artiste qui - armé de ses fusains et de ses couleurs et perché sur son escabeau - a pris soin d’orner l’intégralité de la villa. On y retrouve un univers onirique peuplé de dieux, de déesses, de marins et de belles endormies.

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A propos de ce lieu, il écrira « Quand je travaillais à Santo Sospir, je devenais moi-même mur et ces murs parlaient à ma place ». Et de fait, aucun espace n’est laissé à l’abandon, depuis les murs des pièces à vivre, aux armoires, en passant par l’escalier, toute la villa témoigne du passage de l’artiste dans les lieux.

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Si les premières années sont consacrées au dessin des fresques, l’artiste consacrera les suivantes à leur mise en couleur. Pour ce faire, il optera pour une technique ancestrale déjà utilisée par les égyptiens : le mélange des pigments à du lait frais.

Au fil des ans, la villa prend forme. La première création du maitre est réalisée au-dessus de la cheminée du salon. Il s’agit d’une gigantesque tête d’Apollon. Sur le mur de la salle à manger, une tapisserie tissée par les lissiers d’Aubusso d’après un dessin original de Jean Cocteau.

 

 

 

Si les murs pouvaient parler, ils raconteraient aux visiteurs les fêtes interminables, les discussions philosophiques autour de grandes tablées regroupant Francine, la propriétaire des lieux, et ses artistes préférés : Jean Cocteau, mais également Henri Matisse, Maria Cesarès ou encore Jean Marais. 

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L’histoire raconte que le poète, pour qui Louis Cartier avait créé la bague Trinity en 1920, avait offert à Francine ainsi qu’à son fil adoptif Edouard Dermit, un exemplaire de la bague, symbole du lien qui unissait les trois protagonistes.

En toutes saisons, une halte à la villa Santo Sospir s’impose comme un véritable voyage dans le temps.

Infos pratiques : Villa Santo Sospir - 14 avenue Jean Cocteau - 06100 Saint-Jean-Cap-Ferrat - Visites uniquement sur rendez-vous : + 33 4 93 76 00 16 ou santosospir@aliceadsl.fr

Les lieuxMarie Pagèsbas