Polène : le trio parisien qui secoue le secteur de la maroquinerie

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Voilà quelques semaines que la marque occupe les pauses déjeuner des Parisiennes. Entre une salade et un dossier à boucler, elles se connectent au site Polène, rêvant au sac qu’elles s’offriront ou se feront offrir. Snobismes a souhaité savoir qui se cachait derrière la toute nouvelle marque de « haute maroquinerie ». Rencontre avec une fratrie.

Travailler en famille : « encore plus simple que de s’associer entre amis », prévient d’emblée Mathieu, l’un des trois fondateurs de la marque qui ajoute « Avec Elsa et Antoine, nous avons grandi ensemble. Nous nous connaissons très bien, ce qui nous permet de nous comprendre et d’avancer facilement ». Et de fait, dans leur showroom situé cour Damoye (Paris XI), c’est l’harmonie qui règne. Pour mettre en valeur leurs collections, les créateurs ont opté pour des matières nobles : marbre, bois, mobilier vintage et couleurs chaudes. Un écrin de choix pour une marque qui a choisi un modèle de distribution principalement digital et sans intermédiaire : « avec un panier moyen autour de 300 euros pour une nouvelle marque, nous avons conscience que nos clientes ont besoin d’être rassurées. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi d’ouvrir cet espace qui leur est dédié », détaille l’un des fondateurs. Ainsi, de plus en plus de Parisiennes et de Parisiens en recherche d’un cadeau pas comme les autres franchissent chaque jour l’arche de la cour Damoye pour voir en vrai ces sacs longuement convoités derrière l’écran.

Belles matières et héritage familial

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Polène se dit « marque de haute maroquinerie ». Pas question donc, de rogner sur la qualité. Ainsi, les créations Polène sont réalisées exclusivement à partir de cuir pleine fleur provenant des tanneries françaises et espagnoles les plus réputées. « C’est une qualité de cuir qui est instantanément perçue par nos clientes » détaille Antoine. « Notre ambition est de proposer des sacs accessibles, mais de très grande qualité ; un sac Polène doit pouvoir se porter des années », confirme Elsa. Une injonction à la durée et un goût prononcé pour les belles matières que le trio revendique comme un héritage familial. « Cela a débuté avec notre arrière-grand-père qui a fondé la marque Saint James, du nom d’une petite commune du Mont-Saint-Michel. Nous avons grandi avec cette culture pour l’artisanat et les beaux produits. De ceux qu’il est possible de transmettre et de conserver longuement », se souvient Mathieu. C’est donc très logiquement que le nom de la marque s’est imposé à eux : « Polène est le nom de notre maison de famille en Normandie. C’est un lieu au sein duquel nous nous sommes tous les trois toujours sentis bien », détaille Elsa.

Secrets de fabrication des grandes maisons

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Pour honorer leurs engagements de qualité, le trio a passé beaucoup de temps à sourcer fournisseurs et ateliers de confection : « il faut bien avoir à l’esprit que les très grandes marques de maroquinerie conservent secrètement les noms de leurs partenaires. Nous nous sommes entourés de personnes au fait de ces endroits secrets. Par la suite, nous avons donc fait appel aux ateliers les plus réputés pour leur confier la découpe et l’assemblage de nos créations », explique Antoine, qui précise : « nos sacs sont fabriqués en Espagne dans la ville de d’Ubrique, à côté de Séville. C’est un endroit incroyable ! Tout là-bas est dédié au travail du cuir ». Ainsi, dorénavant en Espagne, les sacs Polène s’alignent sur les chaines de fabrication, aux côtés des très grandes maisons de luxe françaises. Et pour être constamment au contact de l’avancement de la production, le trio a loué un appartement à l’année dans la ville de création, de sorte à ce que, à tout moment de l’année, l’un des trois puisse être sur place pour superviser la découpe des cuirs et la confection.

Dans la cour des grands : rupture de stock et réassort

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Pour l’heure, cinq modèles composent la collection Polène qui devrait très vite s’enrichir de nouvelles créations. Petit signe particulier de la marque, comme un clin d’œil au trio des fondateurs, la plupart des sacs comprennent trois teintes voire trois matières et les assemble, en hommage aux liens qui soudent la fratrie. Coté investisseur, là encore, c’est un trio qui soutient les jeunes entrepreneurs : « nous avons la chance d’être accompagnés par trois buisness angels qui n’hésitent pas à nous donner des conseils et à abonder dès que le besoin s’en fait sentir », explique Mathieu. Pas question pour autant de se lancer dans une campagne publicitaire ultra onéreuse : « nous avons simplement ciblé quelques investissements nous permettant d’avoir une présence digitale », détaille Antoine. Un investissement qui a très vite eu des résultats probants : officiellement ouvert le 27 septembre, le e-shop a reçu plus de commandes que prévu. Mauvaise nouvelle pour les adeptes du sac signature de la marque – le Numéro Un -- il est déjà en rupture de stock dans plusieurs coloris. Pas de panique, le trio promet un réassort très rapide.

Les gensChloé Consignybas